Le Séminaire mettra à ciel ouvert les travaux des membres de l’ACF autour du Séminaire de Jacques-Alain Miller « L’Un tout seul », il est ouvert au public.
Les membres du cartel d’organisation : Hélène Casaus, Vanessa Delaizir, Amalthée Fekete, Quentin Meynaud. Plus un: Sylvie Berkane Goumet.
Argument
Que peut-on attendre de la psychanalyse ? Qu’est-ce qui spécifie une pratique d’orientation lacanienne ?
Se poser ces questions est une façon de répondre au matraquage médiatique qui la réduit aujourd’hui à une méthode « non recommandée » par la Haute Autorité de Santé. Primo la psychanalyse n’est pas une méthode ; secundo pour s’interroger sur ses effets, il convient de savoir ce qu’elle traite. Or, le cours de Jacques-Alain Miller L’Un-tout-seul explore cette question.
Le Séminaire de l’ACF se propose de mettre la focale sur le franchissement que relève Miller de l’être à l’Un dans l’élaboration conceptuelle et dans la pratique analytique. Nous mettrons donc en tension ses assertions relatives à deux temps de l’enseignement de Lacan. D’une part il pose « que l’effet majeur de l’expérience analytique ne soit, ni de guérison, ni de formation mais, à proprement parler de révélation ontologique, quant au sujet. » (séance du 2 février 2011), d’autre part qu’« il s’agit du réel dans l’expérience analytique » (séance du 30 mars 2011). Centrer la pratique sur ce pas conceptuel de l’ontologie à l’hénologie n’est pas sans conséquence pour la conduite des cures.
Sylvie Berkane-Goumet
Vidéo de Jacques-Alain Miller sur ce thème :
“Y a de l’Un” est une des formules marquantes du dernier enseignement de Jacques Lacan. Comment la comprendre ? Quelles sont ses incidences ?
● Jacques-Alain Miller éclaire comment cette formule vient à la place de ce qu’il n’y a pas : l’Un sexuel, la fusion harmonieuse entre les sexes, où deux moitiés s’ajusteraient, se complèteraient.
● Il n’y a pas le Un fusionnel, mais il y a le Un discret, élément séparé des autres, qui se répète.
● En un éclair, on saisit comment “Y a de l’Un” simplifie et subvertit la notion d’ordre symbolique et, du même coup, celle de la répétition et de la jouissance.
Écho de la 1ère séance du 13 mai 2026 :
Un petit écho du séminaire de l’ACF
Voici deux extraits courts des interventions du 13 mai dernier. À suivre le 24 juin avec les interventions de Amalthée Fekete et Vanessa Delaizir…
Hélène Casaus : De la méthode à l’analyse
Les thérapies recommandées par la HAS s’établissent sur la croyance d’un « cela vaut pour tous » : un thérapeute, aussi bien une IA, applique une méthode fondée sur un savoir universel, un principe préalable à tout un chacun. Le sujet est soumis à un Autre qui sait, un Autre qui est. D’un savoir universel se déduirait une vérité particulière. Vérité qui, comme l’a pointé Lacan est variable, changeante, ne peut jamais se dire toute, alors quid des effets durables ? Ni désir ni transfert, plutôt l’application d’un protocole à un sujet, qui, s’il ne le suit pas, pourra être tenu responsable de l’échec.(…)
C’est la prise en compte du réel et de la jouissance qui donne son inouï à la psychanalyse lacanienne. Un savoir y faire peut s’en extraire pour chaque parlêtre, chaque Un-tout-seul, qui concerne son mode de jouir singulier, rétif à la randomisation et à la mise au pas. Une éthique s’en déduit, différente de celle qui consiste à vouloir le Bien de l’autre, et se fonde sur un impossible à supporter dégagé de son pathos, dont un usage devient possible, avec les autres. Notre lecture fait le pari d’une élaboration de savoir pour chacun, singulière, un savoir non préalable, issu des effets de vérité qu’elle fait surgir.
Quentin Meynaud : Solitude contemporaine avec la jouissance
Puisque le signifiant dans le corps fait événement, le régime de l’Un soumet l’être parlant à la jouissance du corps. Or, « la jouissance est en son fond idiote et solitaire[1] » : la jouissance du régime de l’Un n’étant plus liée à la transgression d’un interdit comme celle qui était issue de la logique œdipienne, elle se soustrait à la censure de l’interdiction.
Les symptômes contemporains tels que l’addiction s’en trouvent autrement éclairés : sous l’apparence d’une liberté à jouir qui se passe de l’interdit, c’est une solitude radicale avec la jouissance à laquelle se confronte le sujet contemporain.(…)
Avec la psychanalyse, tous Un mais chacun à nul autre pareil !
[1] Miller J.-A., « Les six paradigmes de la jouissance », La Cause freudienne, n° 43, octobre 1999, p. 21.